Elles ont tiré les élastiques de mes souliers blessés
Elles sont arrivées là,
D’un pas hésitant,
Sous des applaudissements,
Auxquels elles ne s’attendaient pas.
Consternations
Revendications
Les maux étaient là
Et au-dessus des banderoles des écoles
Clamant des idées folles
Leurs cous bien droits
Au dessus du cauchemar
Porteuses d’espoirs
D’une école où l’enfant garde ses droits.
Elles n’ont pas eu peur de s’aventurer jusque là. Elles n’ont pas hésité à faire le sacrifice d’une parenthèse dans leur journée, leur journée fête de 10 années partagées. Ces girafes dans les rues de Nantes méritaient bien les applaudissements de leur engagement. Elles ont fait rêver les enfants, et ce jour-là leurs parents et leurs enseignants et tous ceux qui font vivre l’école, les intervenants, les éducateurs, tous engagés dans les mêmes combats.
Elles ont dû goûter, à l’âge où elles prenaient encore un goûter,
L’école sans rigole ni farandole
Où les doigts qui ne savent pas compter se font torturer
Où il faut rester écouter sans bouger, ni s’évader
Où l’on oublie qu’on est un enfant qui ne demande qu’à créer, patauger, expérimenter, essayer, se tromper, s’en-tourlou-per, se rattraper, s’enguirlander, fanfaronner, s’émerveiller, s’interroger, se questionner, s’inventer, imaginer, observer, ….
Oui, elles ont dû connaître cette école là, où les enfants sont oubliés et doivent se fondre en dociles moutons apeurés par le loup, loup qui n’hésite pas à manger ou laisser sur le bas côté ceux qui ne sont pas assez blancs, pas assez frisés, trop dyslexiqués, mal calculés, à qui il manque une patte ou qui ont tendance à se laisser égarer.
Et si aujourd’hui, c’étaient eux les loups ? Est-ce en les assommant, en les façonnant, en les court-circuitant qu’on les conduira sur le chemin de demain ? Un demain à la culture télévisée, aux hommes enfermés dans un monde bien conservé, me fait frissonner.
Ces girafes au long cou sans bijou de camouflage, ni caillou dans les poings fermés, gambadaient en liberté en tête de défilé. Elles ont filé l’espoir à tous ceux qui veulent encore y croire, croire que l’école pour tous, où chacun y est reconnu, n’est pas l’école d’hier, mais bien celle de demain ! Une école qui veut continuer à voir aussi loin que ces girafes au long cou.
Elles sont arrivées là
Sous les applaudissements
De mon cœur battant
L’école rêvée
Les poings dans mes poches crevées
En route
Pour aider l’école en déroute.
1 commentaire:
Bravo, Sandrine, pour tout ce travail fait et à venir !
Les girafes n'auront point le temps de moisir !!!
A peine sorties, à peine mouillées
Comme si Sarko commandait aux ondées,
Ces grandes résistantes de papier mâché
n'ont de cesse de ressortir pour se sécher !
Et, du côté de Casson,
il ne leur manque même pas le son !!!
URWAN Pasco (28/01/09)
(évidemment libre d'utilisation en citant ci-dessus)
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